Comment choisir son photographe [1/2]

 

 

Choisir son photographe

Rien n’est plus fastidieux que de passer des heures sur internet à la quête d’un professionnel. C’est d’autant plus vrai pour certaines professions, comme un plombier, un électricien : on choisit souvent celui qui est le plus proche en terme de distance, ou le conseil de Tata Janine qui a trente ans d’expérience dans le réseautage de proximité.
Alors choisir un artisan par défaut, ou sous la bienveillance de tata Janine, est souvent un gain de temps, un bon investissement car l’électricien de Dunkerque use des mêmes techniques que celui situé à Douai. Ce n’est pas forcément le cas du photographe. Pas forcément, car si vous faites faire des photos d’identités, les pratiques sont identiques, cependant lorsque vous souhaitez une prestation plus personnelle comme une portrait ou un photoreportage pour un mariage, une communication d’entreprise le choix de son photographe est important – à moins que vous êtes peu sensible à l’art photographique. 😉

La semaine dernière j’évoquais l’importance d’une relation de confiance entre le client/modèle et son photographe [retour vers cet article]. Pour faciliter la relation de confiance, il est primordial que votre photographe soit à votre image. On peut forcer une relation, mais celle-ci sera soit rapidement caduque soit sincèrement infondée.

La spécialité du photographe

La photographie est un arbre. Ses racines sont ses domaines d’inspiration. Ses ramages sont ses déclinaisons. On ne voit que cette partie émergée de la terre, mais trop souvent on ne regarde que le tronc. La sensibilité pour le photographie nait de l’intérêt tant pour ses racines que pour ses ramages. Dans le domaine de l’artisanat on se penche notamment sur le ramage, j’entends par là l’aspect pratique comme le photoreportage, le portrait, la photographie de naissance, la photographie de mode, le packshoot, la photographie architecturale, et j’en passe.

Un photographe qui propose une pléiade de prestations se disperse. Ce n’est pas un jugement de valeur, mais juste un constat, parfois une nécessité sur un marché très concurrentiel d’un point de vue de « tronc ».
Un photographe qui se cramponne à une pincée de services, se spécialise, devient un expert en son domaine. Il est alors plus intéressant de se tourner vers un expert qu’un généraliste.

N’oublions pas que le photographe, lui, s’intéresse aux racines. Sa sensibilité est influencée par ses expériences, son approche à l’art. Lorsqu’il se spécialise, il développe alors un regard critique, développe son propre regard et donc créé son identité visuelle. Optez donc pour une identité visuelle, pour la personnalité de votre photographe, il vous le rendra bien ! Ainsi, malgré qu’il s’agisse d’un secteur concurrentiel (la forêt), il existe une infinie de ramages ce qui différentie les arbres entre eux. Les feuilles se distinguent selon les essences du bois.

Conseil : Choisissez votre photographe son domaine de spécialisation. Une liste à la Prévert de prestations doit vous mettre la puce à l’oreille ! Pourquoi tant de pratiques ? Pour monter votre lit, vous préférez un cruciforme plutôt qu’un couteau suisse.

Le regard du photographe

On en arrive naturellement au regard. Le regard est à la fois la vision qu’a le photographe vis-à-vis de sa pratique et sa sensibilité artistique. Nous reviendrons plus tard sur la pratique. Intéressons-nous à la sensibilité. La sensibilité est pour moi la capacité du photographe à mobiliser ses sens pour restituer un instant de la vie en une image : une nécessité pour provoquer l’émotion. Il est vrai que c’est une expression galvaudée, mais réelle.
Mieux que le filigrane estampillé en bas à droite de la photo, le regard est la signature. En effet, chaque photographe développe son identité au fil de de ses expériences mais aussi de sa perception du monde. Il tente alors de partager un sentiment, de prêter ses yeux à ses modèles, ses contemplateurs. Ainsi y a-t-il une réelle concurrence entre les photographes ? Il faut avouer que le « marché » est assez fermé, l’offre élevée : une aubaine pour les clients. Pour le photographe, ce qui peut être un calvaire d’un point vue strictement économique est en réalité une liberté artistique : la liberté de proposer sa personnalité – du moins c’est ma vision ! Il y a certes une guerre de prix sur ce marché, mais ce qui m’intéresse avant tout est de proposer un regard personnel et une approche intime de la photographie. Et je m’adresse avant tout à des hommes et des femmes qui y sont sensibles.

Conseil : Le regard de votre photographe sera sa signature. Soyez sensible à ses réalisations. Il s’agit peut-être d’artisanat, néanmoins votre photographe demeure sensible. Analysez ses photographies, comparez les avec celles d’autres photographes, choisissez votre photographe en fonction du portfolio qui vous ressemble.

Pratique & mise en œuvre

La pratique est un terme assez vaste si bien que ça puisse paraitre un mot « fourre-tout ». Par pratique j’entends l’ensemble du processus mis en place par le photographe pour parvenir à son but. La mise en œuvre sera ici les moyens humains et matériels qui servent la pratique.
On peut croire que tous les photographes empruntent le même chemin, cependant leurs horizons sont bien diverses. Si on emploie une nouvelle métaphore, j’aime à dire qu’il y a des photographes, chacun avec un instrument différent comme les musiciens. Les pratiques répondent à des convictions profondes, parfois à une adaptation rationnelle au « marché de la photographie » car la photo tend à devenir un produit avec un cahier des charges normé par les canons véhiculés par les médias plutôt qu’une œuvre. Mais je souhaite insister sur les convictions profondes pour ceux qui n’ont pas renoncé par dépit à leur passion – je grave dans le marbre, je resterai fidèle à ma passion avant les canons. En effet, ces convictions, ces sensibilités mènent le photographe à user telle ou telle pratique et employer tel ou tel outil pour réaliser ses photographies. Si vous êtes vous-même sensible à la photographie,  intéressez-vous aux pratiques et interrogez votre photographe afin de vous assurer que vous êtes en accord avec  lui et qu’il n’y aura pas de surprise le jour-j par une malencontreuse incompréhension. Non non c’est assez rare, mais tout de même ! Les pratiques et mise en œuvre de votre photographe sont aussi une image fidèle de sa personnalité : quelle prestation est ce que je souhaite offrir et que j’aimerais recevoir ? Par cela j’entends, un suivi plus ou moins poussé, une séance plutôt quantitative ou qualitative, le type de post-production et de retouche, la qualité des impressions, entre autres.

Conseil : Les tarifs ne sont pas un facteur de sélection crucial, par contre ils peuvent en dire long sur les pratiques.

Voilà une mise en bouche. Interrogez-vous avant de faire votre choix ! Ne perdez pas de vue que tous les photographes ne sont pas tous en concurrences mais parfois aussi en complémentarité, car certains proposent tel type de prestation et son voisin d’autres mais c’est surtout son approche de la photographie qui différencie les photographes !

 

 


Articles susceptibles de vous intéresser:

-> Prendre confiance en son photographe

-> Le Droit à l’image

2 pensées sur “Comment choisir son photographe [1/2]

  1. Ping :Le droit à l'image | MondeBipolaire Photographie

  2. Ping :Prendre confiance en son photographe | MondeBipolaire Photographie

Commentaires fermés.