Prendre confiance en son photographe

Prendre confiance en son photographe

Comprendre son homologue et ses intensions

Il n’est pas aisé de faire confiance à une personne qui nous est étrangère, c’est-à-dire de se livrer et de se laisser guider par cette dernière. Pour y remédier, il faut généralement du temps, de longues conversations. Cependant, il s’agit d’un mécanisme bien huilé. Si une pièce est défaillante, tout le roulement s’en trouve grevé. Personnellement je recherche tout d’abord à comprendre mon interlocuteur : déceler ses intentions, étudier son point de vue et ses convictions.

Votre photographe, en l’occurrence moi – car bien d’autres fonctionnent différemment et je ne porte aucun jugement de valeur -, porte deux casquettes. Celui de photographe lié à son savoir-faire, et celui de commerçant malgré lui. Je ne pense pas que ce soit nécessaire de quantifier néanmoins s’il m’était demandé de le faire je dirais que je suis à 75% photographe et 25% commerçant.

Cette deuxième casquette est souvent péjorative et repoussante. Moi-même je tends facilement à qualifier un vendeur de « commerçant », il cherche à biaiser le demandeur et s’astreint uniquement à vendre son produit. Mais d’un point de vue juridique le commerçant procède à des actes commerciaux dans le but de sa profession.

Alors là, je suis piégé. Je suis commerçant. Alors il faut dire que nous – photographes – avons le sens de la formule, nous sommes « photographes professionnels ». C’est un discours mélioratif que je tends aisément à employer, mais qui revient au même. Ainsi, si je n’avais pas une part de commerçant, je ne serais pas à vos côtés.

Pourquoi vous dis-je cela ? Je fais le lien entre confiance et intensions d’autrui. Il faut bien une dose de transparence pour que vous puissiez comprendre les intentions de votre photographe. En effet,  proposer une prestation est clairement joignable avec la recherche d’un intérêt pécuniaire, cela nécessite d’avoir recours à des méthodes commerciales.

Mon Conseil : Tentez durant une rencontre avec votre photographe à dénicher ses valeurs, sa vision du métier. Cela pourrait paraître étrange, mais vous pourrez mieux cerner son intérêt. Je ne vous cache pas que certains en seront irrités !

Votre photographe n’est pas qu’un commerçant, il a un cœur de métier : la photographie. Il ne fallait pas avoir fait Sciences Po pour en arriver là  [la preuve] ! Mais c’est dans ce cadre qu’il ne faut pas omettre que l’intérêt de celui-ci est à 75% de réussir sa prestation. Oui, d’accord 100% pour la fidélisation, mais 75% pour que votre projet prenne 100% vie ! Bref, on ne va pas tenter Maths Sup’ non plus ! 😉

 

Besoin nécessaire pour atteindre une finalité

Et on en vient naturellement à vous ! La finalité d’un projet photographique est l’émotion par une histoire, un souvenir. Une photographie qui provoque peu voire pas d’émotions n’est pas « raté » mais c’est un acte manqué. Les clichés des photo-reportages – je pense par exemple à Capa ou Doisneau– parlent, interpellent l’émoi et les sentiments par leur naturel. Nous pouvons donc bien obtenir la finalité sans travail avec les « sujets », dire l’inverse serait faux d’autant plus que dans ma pratique personnelle je tente cela.

Mais concrètement la finalité de ce genre de cliché n’est pas toujours atteinte, car comme je le disais précédemment il interpelle le passé du spectateur, son vécu, sa personnalité, sa sensibilité. On aime ou on n’aime pas, on ne peut pas juger le regard et l’émotion du photographe durant la prise.
Une prestation photographique pour un client est plus complexe dans le sens où l’œil du photographe n’est pas le seul juge. Bien sûr on adhère essentiellement et surtout à la fibre, la sensibilité et au regard du photographe – cela fera l’objet d’un prochain article ! 😉 – mais il faut dans ce cas précis que le client qui sera l’unique spectateur se retrouve personnellement dans cette longue histoire raconté par une poignée voire une unique image ! Pour cela, il faut attribuer sa confiance !

La confiance. C’est pour moi c’est un impératif. J’aime rencontrer en amont les personnes qui souhaitent entrer dans ma composition. Cela me permet de comprendre l’idée du client.  A moi de le guider – ça fera l’objet d’un autre article [encore !]. Le contraire de la confiance est la méfiance.  Sans cette confiance, je dois avouer que ça entame mon plaisir et donc ma créativité – je demeure humain après tout.
Ainsi cette confiance favorise l’échange, l’entrée dans une forme d’intimité tout en la protégeant. La discussion est nécessaire afin que votre photographe comprenne vos attentes. N’oubliez pas qu’il s’agit d’un travail sur-mesure et qu’on ne photographie que très rarement par hasard ! Dans d’autres domaines on prend les mensurations physiques, ici on tente d’analyser une idée, c’est bien plus abstrait ! 😉

 

Conseil: une oeuvre d’art est exceptionnelle car elle est aimée, récusée. Une prestation n’est pas considéré comme une oeuvre d’art. Le seul intérêt – eux yeux de la société – est de vous satisfaire, car elle est à votre image!

 


Articles susceptibles de vous intéresser:

-> Le Droit à l’image

-> Comment choisir son photographe [1/2]

2 pensées sur “Prendre confiance en son photographe

  1. Ping :Comment choisir son photographe [1/2] | MondeBipolaire Photographie

  2. Ping :Le droit à l'image | MondeBipolaire Photographie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *