Reportage Sciences Po Lille

#PR01: L’arène de l’urgence, deux députés face aux étudiant-e-s

« Le Soleil rejoint la ligne d’horizon. Il est 18h00 à Lille. C’est l’effervescence à l’IEP. Des tracts à la mains à l’ entrée, on annonce aux étudiants l’arrivée de deux députés à l’amphi A. Aurélien quitte l’ école pour les accueillir. Dans l’amphi les étudiants préparent la caméra, ils sortent leurs carnets de note. Ici on est pas tous insoumis-e-s mais on s’intéresse de près à leur discours. La salle se remplit au fil de minutes. Des soutiens s’invitent, gagnent les sièges. C’est l’arène de Sciences Po qui se revêtit de sa parure des grands soirs. Celle des débats.

Il est 18h20, l’impatience se ressent dans les rangs. Les opposants s’immiscent dans la foule. Les militants s’inquiètent.

Cinq minutes plus tard, le courant d’air bouscule les chignons biens serrés. Ugo Bernalicis et Danièle Obono font leur entrée: grande impression. A ce moment là les couloirs sont vides. Les deux stars s’assoient tranquillement face à la foule, règlent leur micro. Costume et cravate bien nouée, le présentateur rappelle l’enjeu, le contexte: ce soir on parle de l’état d’urgence. Il présente brièvement les législateurs et Aurélien – décrit comme figure montante de la FI dans la région. Humilité ou gène, celui-ci le corrige: ici on joue collectif.

C’est donc dans un contexte politique tendu que le débat prend place, cette thématique se fait savamment occultée par les gros titres de presse référant à la loi travail dite « XXL ». Parti pris pour l’Elysée et Matignon, ou simple coïncidence, quoi qu’il en soit Ugo et Danièle sont là pour souligner le danger de ce nouvel état d’urgence. Ils caractérisent cette mesure comme étant une voie ouverte vers la « démocrature », hybride entre démocratie et dictature, là où le politique omet volontairement la séparation des pouvoirs et supplante ce troisième pouvoir qu’est la justice. Le renouvellement de l’état d’urgence apparaît comme nocif, liberticide. Les deux députés soulignent les dérives des derniers mois, des descentes policières au domicile de militants politiques aux revendications alternatives à la majorité. Danièle décrit les notes d’amnistie Internationale et rappelle l’atteinte aux droits fondamentaux. Ugo,  sur un ton plus incisif et ironique, évoque le caractère arbitraire de ces descentes et l’inefficacité de ce système en évoquant les propos du syndicat majoritaire de police et la position d’une député LREM elle-même policière et opposée à ces nouveaux moyens.

Le débat passionne, intéresse. Le public est alors invité à un échange de question-réponse avec les députés et convié à les retrouver autour d’un verre non-alcoolisé dans la cafétéria après la séance. »

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